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Vincent Aurez, de New York à Québec

Le Président du Club Économique de Québec, Pierre Drapeau, a reçu le 11 avril dernier Monsieur Vincent Aurez lors de sa première visite à Québec. Cet événement exclusif faisait suite à une conférence prononcée à l’Université Columbia de New York quelques jours auparavant.

Actuellement chez Ernst&Young à Paris, M. Aurez a été Conseiller au Ministère des Affaires étrangères et du Développement international de France.
L’idée de base de l’économie circulaire, c’est que les déchets d’une entreprise devraient systématiquement être vus comme des ressources premières pour d’autres entreprises (contrairement à la perspective de l’économie linéaire, pour laquelle les déchets sont essentiellement des résidus de production dont il faut se débarrasser).
Ainsi guidé par un objectif de zéro déchet, et en regroupant des entreprises qui seront en symbiose sur un même territoire (utilisant tour à tour les déchets les unes des autres pour leurs activités respectives), on peut arriver à créer des conditions particulièrement favorables à leur développement.
M. Gaetan Gamache, Maire de Rivière-du-Loup et Mme Anne Guérette, Chef de l’Opposition à la Ville de Québec, étaient présents pour l’événement.

M. Clément Laberge a participé à l’événement et nous avons recueilli ses propos  :

Dans une perspective d’économie circulaire, une ville devient une sorte de mine. On y trouve des gisements de matières premières qui sont susceptibles d’être réutilisés, recyclés, transformés — et qui sont souvent beaucoup plus faciles et moins coûteuses à prélever que les ressources naturelles auxquelles elles peuvent se substituer. Le défi est de permettre aux entreprises de s’y approvisionner de façon efficace.

L’économie circulaire est une conception de l’économie qui n’est pas nouvelle. Elle se développe depuis depuis déjà plus quarante ans. Elle répond non seulement à des impératifs écologiques, mais aussi (surtout?) à stimuler la création d’emplois innovateurs qui seront intimement liés à un territoire et à un tissus d’entreprises — et donc plus difficilement délocalisables.

MM. Daniel Allard (Commerce Monde) et Vincent Aurez

De tous les exemples, très variés, que Vincent Aurez nous a donnés, c’est celui de groupes de construction français du le domaine immobilier, qui m’a le plus surpris.

L’idée est en effet d’avoir des clauses spécifiques qui prévoient que les matériaux qui sont utilisés dans les nouveaux immeubles construits pourraient demain devenir des sources de matières premières secondaires, que des entreprises du secteur de la construction pourraient ensuite récupérer lors d’opérations futures de démolition.

De cette façon, une entreprise peut constituer progressivement une banque de matériaux de construction au coeur des plus grandes villes — des matériaux qu’elle peut d’or et déjà valoriser, et dont certaines auraient commencé à planifier la réutilisation pour de futurs bâtiments, dans un horizon de cinquante ans.

«Des clauses de ce type peuvent être intégrées dans les contrats de vente des immeubles depuis quelques années. Les impacts de ces clauses pourraient être majeures dans l’avenir pour le développement des villes et les relations entre les entreprises de construction», nous a dit M. Aurez.

Il est aussi important de comprendre que les entreprises n’adhèrent pas à l’économie circulaire seulement en réaction à une soudaine préoccupation écologique. Elles le font le plus souvent au terme d’une analyse approfondie des menaces qui pèsent, à plus ou moins long terme, sur leurs activités, leur plan d’affaires, et leur profitabilité.

L’exemple d’une partie de l’industrie du pneumatique qui commence à intégrer les principes de l’économie circulaire à ses activités parce qu’elle constate notamment qu’elle pourrait vendre moins en moins de pneus dans le futur était intéressant.

L’exemple du secteur de la distribution et des projets de nouveaux modèles de magasins en relation plus étroite avec la ville était aussi très inspirant. Les liens entre centres commerciaux et des ensemble s d’entreprises spécialisées dans la récupération, le recyclage ou la transformation des matériaux issus de ses produits.

Revue de presse

Remerciements au Fonds d’Emprunt Québec et à Commerce Monde.

Photo de la Une : Vincent Aurez et Pierre Racicot, directeur général VRIC.

À propos de Annie St-Pierre

Mme St-Pierre est une journaliste économique indépendante, passionnée du monde des affaires. Elle a oeuvré près de 13 ans au Journal de Québec et a collaboré au succès de plusieurs médias québécois dont Chefs d'entreprises.