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Barack Obama durcit son plan en faveur du climat

Le président américain a dévoilé, ce lundi, la version définitive de son plan de lutte contre le changement climatique avec une baisse de 32% des émissions de CO2 d’ici à 2030. Les normes présentées alarment les producteurs d’électricité américains.

Dans un pays où plus de 170 000 personnes vivent encore de l’exploitation du charbon, ressource abondante qui produit toujours 39 % de l’électricité consommée par les Américains, de nouvelles règles proposées lundi soir par Barack Obama suscitent la controverse. N’ayant plus à faire campagne, le président des États-Unis ose s’engager sur un terrain politiquement délicat dans le but d’accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre. «Nous sommes la première génération à subir les conséquences du changement climatique et nous sommes la dernière à pouvoir faire quelque chose contre ce changement» a plaidé hier Barack Obama. Dans la perspective de la conférence de Paris en décembre, la Maison-Blanche tient à ce que les États-Unis se présentent comme un pays leader dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Barack Obama a choisi d’aller au-delà des normes qu’il avait pré-annoncées il y a plusieurs mois. Il confie à l’Environmental Protection Agency (EPA) la mission d’imposer au niveau national une réduction des émissions de carbone par les centrales électriques. Cette baisse oblige d’ici à 2030 à réduire de 32 % le niveau de ces émissions par rapport à 2005. Cela revient à forcer les producteurs d’électricité américains à fermer ou modifier d’ici 2022 des centaines de centrales à charbon dont la production est estimée à 73 gigawatts, soit l’équivalent de la consommation de 36 millions de foyers. «C’est illégal et nous ne cesserons de nous opposer à ce plan jusqu’à ce qu’il soit retiré, explique Laura Sheehan, de l’American Coalition for Clean Coal Electricity. La croisade sans relâche du président pour le climat ne peut pas passer avant les priorités d’Américains qui travaillent dur et qui finiront par en payer le prix sous la forme de factures d’électricité exorbitantes et d’emplois perdus».

Casse-tête

Au contraire affirme Barack Obama, «le plan en fin de compte permettra aux américains de faire des économies sur leur facture électrique». L’ambition de la Maison-Blanche est de décourager la production d’électricité grâce au charbon, et de limiter le basculement en cours vers les centrales à gaz – moins polluantes mais jugées insuffisantes pour le climat-, en vue de soutenir la construction de nouvelles centrales nucléaires et de stimuler le développement des énergies renouvelables solaires et éoliennes. Aujourd’hui 20 % de l’électricité produite aux États-Unis provient du nucléaire, et 13 % de ressources renouvelables. Les normes proposées par Barack Obama porteraient la proportion de ces dernières à 28 % en 2030.

Ce qui alarme les producteurs d’électricité, qui aux États-Unis sont des sociétés privées commerciales, c’est la perspective d’avoir à fermer des centrales à charbon pas encore amorties. Autre casse-tête: la nécessité de moderniser les réseaux de transmission pour faciliter la génération d’électricité par des particuliers à partir de leurs propres panneaux solaires.

Le régime prévu par l’EPA confie à chaque État la mise en œuvre de son plan de réduction d’émissions de carbone. Ces plans doivent être fixés d’ici 2018, alors que les premiers objectifs de réduction de pollution doivent être appliqués dès 2022. Les États qui ne respecteraient pas ce calendrier se verraient imposer des règles par Washington, ce qui selon les conservateurs est constitutionnellement impossible. Le leader de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, élu de l’État charbonnier du Kentucky, a déjà demandé aux gouverneurs de tout le pays de boycotter ces règles qu’il juge «lourdes, coûteuses et d’une légalité douteuse». Plus d’une douzaine ont suivi son appel et promettent des poursuites judiciaires pour bloquer ce qu’ils qualifient «la guerre contre le charbon» menée par Barack Obama. Ce dernier estime à 8,4 milliards de dollars le coût du respect de ses nouvelles normes, ce qui serait quatre à sept fois moins que le coût de l’inaction compte tenu de l’impact des émissions de carbone sur la santé des Américains.

 

Cet article provient du média lefigaro.fr

À propos de Pierre Drapeau

Pierre Drapeau est le Président de la Fondation Chefs d'entreprises.