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En Chine, des courtiers s’allient pour tenter de stopper le krach boursier

La Bourse de Shanghai a perdu 30 % en trois semaines. Pour stopper une baisse à haut risque, les courtiers chinois ont créé un fonds de 17 milliards d’euros.

Les courtiers chinois tentent de stopper la panique bancaire. L’association chinoise des titres boursiers a annoncé que 21 courtiers chinois avaient décidé de s’allier pour stopper la dégringolade des marchés boursiers depuis trois semaines. Ils ont ainsi décidé de créer un fonds de 120 milliards de yuans, ou environ 17,4 milliards d’euros, soit 15 % de leurs actifs à fin juin, pour intervenir sur les marchés et arrêter leur chute.

Promesses et régulations

Les courtiers ont promis de ne vendre aucune des actions qu’elles détiennent en portefeuille pour le moment et d’intervenir tant que l’indice de la Bourse de Shanghai ne sera pas revenu au-dessus des 4.500 points. Vendredi à la clôture, cet indice se situait à 3686 points, perdant sur la seule séance de vendredi 5,7 %. Sur trois semaines, la Bourse chinoise a reculé de près de 30 %, soit la plus forte baisse depuis 1992.

Un peu plus tôt, la Commission chinoise de régulation des marchés financiers (CSRC) avait indiqué qu’elle allait réduire le nombre des introductions en Bourse et en plafonner les montants. Ces introductions sont en effet souvent sous-évaluées et mobilisent beaucoup de liquidités qui quittent ainsi le marché des titres déjà cotés. Par ailleurs, les autorités chinoises avaient aussi récemment frappé fort contre les vendeurs à découvert.

Bulle à crédit

Ce qui se passe en Chine a toutes les apparences de l’éclatement d’une bulle. Les marchés actions ont progressé l’an passé de 150 % alors que la croissance ralentissait dans l’ancien Empire du Milieu. Cette frénésie boursière a été en partie encouragé par les autorités qui voulaient « rééquilibrer » l’économie et favoriser l’accès des entreprises au marché. Il s’en est suivi un sentiment de sécurité qui a donné lieu à une fièvre acheteuse. Pour acheter des titres, les investisseurs ont eu massivement recours à la dette. Un schéma de financement à haut risque.

Krach avec des conséquences sur l’économie mondiale

Le risque est évidemment à présent que ce krach non seulement se poursuive, mais commence à avoir des effets sur l’économie réelle, comme c’est immanquablement le cas. Cette fois, le canal de transmission pourrait bien être précisément les investisseurs endettés et ayant tout perdu en Bourse. Ils pourraient alors être contraints non seulement de vendre leurs dernières actions, mais aussi leurs biens, notamment immobiliers. La bulle immobilière chinoise pourrait alors éclater à son tour, entraînant dans son mouvement le système financier si fragile du pays. Les effets d’un tel scénario sur l’économie mondiale seraient effrayants, d’autant que l’économie ne se remet que très progressivement des crises de 2008 et 2010.

L’initiative des courtiers chinois est donc bienvenue. Sera-t-elle suffisante ? Rien n’est moins sûr et il se pourrait que les autorités chinoises elles-mêmes soient contraintes d’intervenir massivement pour empêcher le scénario catastrophe de se dérouler…

 

Cet article provient du média latribune.fr

À propos de Pierre Drapeau

Pierre Drapeau est le Président de la Fondation Chefs d'entreprises.