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N.D.L.R. Notre journaliste a œuvré dans le milieu du hockey collégial et junior entre 1982 et 2008. Un contexte favorable à Québec Il ne sera pas question de hockey dans les lignes qui suivent mais d’affaires et d’investissements de plusieurs millions de dollars. Pour la première fois depuis le départ des Nordiques, il semble bien y avoir une convergence des conditions favorables à la venue d’une équipe de hockey de la LNH à Québec. La détermination dont fait preuve Mario Bédard avec le groupe 'J’ai ma place' visant à doter Québec d’un nouvel amphithéâtre multifonctionnel s’est avérée la bougie d’allumage que les fans des défunts Nordiques attendaient depuis longtemps pour se remettre à rêver. J’ai ma place a réussi à vendre toutes les loges corporatives assez rapidement, ce qui prouve bien que les gens d’affaires sont dans le coup. De leur côté, les politiciens ont commencé par dire qu’ils croyaient en la nécessité de construire un nouveau Colisée. Unanimement, ce qui est rare dans le genre de démocratie que nous avons au pays. On ne parlait pas encore d’argent, mais sur le principe, on s’entendait. Puis les appuis de la Ville de Québec, du gouvernement du Québec et des députés fédéraux de la région, à des degrés divers, il faut en convenir, ont insufflé l’air frais qu’il fallait pour que le projet soit considéré très sérieux. De plus, la création d’Équipe Québec devrait permettre de solliciter une candidature olympique, et ce fut probablement le meilleur coup du gouvernement québécois dans ce dossier, puisqu’il s’agit là d’un moyen efficace pour aller chercher l’appui du gouvernement fédéral. Sur un autre plan, il ne faut pas oublier que la vigueur du dollar canadien facilite les choses. Quand les Nordiques ont plié bagages, en 1995, le huard ne valait que 0,72 dollar américain, ce qui sapait grandement les chances de garder nos jeunes vedettes à Québec. Après avoir échoué dans sa tentative d’acquérir les Canadiens de Montréal, le pdg de Québécor, Pierre-Karl Péladeau, s’est intéressé à ce qui se passait à Québec et il s’est probablement dit « bingo » dans sa tête. Il n’y a pas d’amphithéâtre convenable à Québec. Il n’y a pas d’équipe de la LNH non plus, c’est sûr. Mais avez-vous imaginé deux instants dans quel guêpier Québécor (donc Vidéotron aussi) se serait placé si son offre avait été acceptée par le Groupe Gillett? Le problème, c’est que, voyez-vous, les Canadiens évoluent au Centre BELL. Vidéotron et BELL sont des concurrents féroces, et ce, autant dans le domaine de la téléphonie que dans celui de la câblodistribution. De plus, pensez-vous que le Groupe TVA, propriété de Québécor, aurait bien cohabité avec RDS qui détient un contrat d’exclusivité sur la télédiffusion des matchs des Canadiens? Poser la question c’est y répondre. Pierre-Karl Péladeau serait donc disposé à investir pour avoir une équipe de la LNH à Québec. Seul? Probablement pas. Il n’y a eu aucune confirmation, mais les amis de PKP ont eux aussi des noms prestigieux. De plus, on sait que l’un des principaux commanditaires du groupe J’ai ma place est nul autre que… la brasserie Labatt. Tiens-tiens… Joli scénario en perspective : si Québec obtenait une équipe dans la LNH, la rivalité Canadiens-Nordiques d’antan serait encore plus vive parce qu’elle nous présenterait vraisemblablement une lutte de titans qui mettrait aux prises les tandems Molson-Bell et Québécor-Labatt. À première vue, ce serait un obstacle à considérer. Mais, je ne crois pas que les Molson aient envie de perdre des plumes en bloquant ouvertement la venue de Québec. Au contraire, ils devraient y voir une occasion pour mousser (sic) leur produit. Qui sait, mais une pseudo-guerre des brasseries ne serait-elle pas susceptible de freiner voire d’inverser la perte de popularité de la bière au détriment du vin? Par ailleurs, la LNH semble disposée à accueillir Péladeau dans ses rangs. Sa façon de faire, étape par étape et sans brusquer personne, contraste grandement avec le comportement frondeur de Jim Balsilie (Research in Motion) qui a échoué dans ses tentatives tonitruantes d’acquérir tour à tour les Penguins de Pittsburgh, les Predators de Nashville et les Coyotes de Phoenix pour les déménager à Hamilton. La table est mise, mais il y a aussi de vrais obstacles On s’attend bien sûr à une recommandation favorable de la part d’Équipe Québec. Le plan d’affaires que déposera la firme Ernst and Young à l’automne devrait démontrer que le nouvel amphithéâtre a de bonnes chances d’être viable même en l’absence d’une équipe de la LNH. Le cas échéant, on y présenterait plus de spectacles et plus de galas de boxe, mais ce ne serait qu’une question de temps avant qu’une équipe du circuit Bettman vienne s’y installer. On n’y peut rien, mais Québec est une ville de hockey… Peut-on en dire autant des villes qui ont des équipes en Floride, en Arizona, au Tennessee, en Caroline du Nord et même en Californie? Les difficultés que connaissent la plupart des équipes qui évoluent au chaud sont probablement un cauchemar pour le commissaire Gary Bettman. Ce dernier doit aussi porter le fardeau que constitue sa tentative infructueuse de signer un important contrat avec un réseau majeur de télévision aux États-Unis. Voudra-t-il réparer quelques pots cassés avant de tirer sa révérence? Probablement. La principale difficulté que rencontrera M. Péladeau pourrait bien découler de la structure des divisions de la LNH. Cet obstacle semble majeur, et ce, particulièrement pour les Maple Leafs de Toronto. Pourquoi? Regardons de près comment sont constituées ces divisions : Toronto fait donc partie de la même division que ses principaux rivaux naturels que sont Buffalo (à moins de 2 heures), Ottawa (dans la même province) et Montréal (l’éternelle rivalité entre les 2 métropoles). De plus, si on déplaçait les Leafs de Toronto, dans quelle division iraient-ils? La question et la réponse ne sont pas triviales. Il ne faut pas oublier que l’équipe de la Ville-Reine, malgré ses déboires, est la plus riche du circuit Bettman (selon Forbes), et son influence dépasse largement sa récolte de coupes Stanley. La ligue pourrait aussi revenir à une structure moins éclatée avec 2 conférences de 15 équipes, mais avouons qu’il s’agirait d’un gros chambardement qui aurait pour effet de réduire le nombre de matchs entre les équipes rivales naturelles. À moins que l’équipe convoitée pour déménager à Québec soit… les Islanders de New York. Tiens, tiens… Une dernière possibilité consisterait à ajouter 2 nouvelles équipes, ce qui porterait le total à 32 (comme la NFL), mais encore là, un réaménagement des divisions pourrait s’avérer nécessaire, et c’est loin d’être sûr que la LNH emprunte cette voie, compte tenu du nombre d’équipes qui en arrachent financièrement. Un autre rival potentiel : Rogers Communication. Pourquoi? Parce que Rogers est le télédiffuseur des matchs de 4 équipes canadiennes, soit Ottawa, Calgary, Edmonton et Vancouver. Il y a fort à parier que Rogers pourrait ajouter Winnipeg à cette liste, mais certainement pas Québec si l’équipe appartient à Québécor, et ce, à cause du Groupe TVA dont la chaîne sportive pourrait bien être tentée de soumissionner pour obtenir les contrats de télédiffusion des équipes canadiennes dans l’avenir. Au lieu d’avoir comme rivaux RDS-TSN (appartenant très majoritairement à CTV, 80 %) et CBC seulement, Rogers se trouverait en concurrence avec un autre réseau privé. Conclusion Les obstacles mentionnés sont importants, et on ne sait pas encore si les symboles « feuille d’érable » et « fleur de lys » ont pris une nouvelle connotation politique ailleurs au Canada. Toutefois, la situation financière de certaines équipes américaines est à ce point précaire que les magnats de la LNH n’auront pas le choix de réintégrer Winnipeg et Québec dans leurs rangs. Et, avouons que « Québec a sa place » dans la plus forte ligue de hockey au monde. Après tout, le hockey est un sport d’hiver et Québec est la capitale mondiale de l’hiver!
Québécor et Molson
1- Boston, Buffalo, Montréal, Ottawa et Toronto
2- New Jersey, NY Islanders, NY Rangers, Philadelphie et Pittsburgh
3- Atlanta, Caroline, Floride, Tampa Bay et Washington
4- Calgary, Colorado, Edmonton, Minnesota et Vancouver
5- Chicago, Columbus, Détroit, Nashville et St-Louis
6- Anaheim, Dallas, Los Angeles, Phoenix et San Jose.
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