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Je ne crois pas me tromper en vous disant que les gens d’affaires de la grande région de Québec commencent à taper du pied en ce qui concerne les annonces de grands projets du maire Régis Labeaume. Les Olympiques ! Et le TGV ? Ça veux dire quoi : Time call ? Or la jeune génération, tout comme leurs aînés, n’est pas corvéable à l’infini. Cela commandera des dossiers solides, sans complaisance et sans naïveté. Il faudra choisir un jour.
Le projet des Olympiques est estimé par certains à 2 milliards d’investissements, trois milliards de téléspectateurs, du gros spectacle, «big, very big», monsieur. Voilà pourquoi Régis Labeaume n’allait pas laisser passer cela, s’est rendu à Vancouver et nous a annoncé, fièrement et très convaincu, qu’il s’est fait des contacts.
Oublions les quelques ratés rapportés par la presse internationale qui s’est déchaînée sur Vancouver. Oublions pour le moment la facture, elle nous sera bien assez vite refilée. Pour Québec, on parle de 2022; nous avons heureusement encore un peu de temps pour réfléchir.
Ceci étant dit. Comment Régis Labeaume positionne-t-il ce projet sur son échiquier ? Et est-ce qu’on aura notre mot à dire un jour ?
On parle ici d’un projet d’en moyenne 35 millions par kilomètre en infrastructures. Je vous laisse déduire l’allure de l’investissement total.
Il y a quelques mois, lors d’un événement corporatif, j’ai assisté à un « standing ovation » suite à une conférence de Régis Labeaume alors qu’il venait de déclarer que l’une de ses « grandes, grandes priorités » était de faire en sorte que ce projet se concrétise. Les gens d’affaires présents étaient tous très agréablement surpris. Mais plusieurs avaient un gros point d’interrogation dans le regard.
L’idée est séduisante. Nous voulons toujours être reliés à Toronto, New York et Boston, connectés sur Montréal en moins d’une heure, si oui, ce ne sera pas de la tarte, car bien que les Américains puissent faire leur part, cela nous coûtera collectivement, à tout le moins, deux à trois gros partys olympiques.
Ceci étant dit. Comment Régis Labeaume positionne-t-il ce projet sur son échiquier ? Et est-ce qu’on aura notre mot à dire un jour ?
Et le nouvel amphithéâtre !
J’ai beaucoup de respect pour les entrepreneurs qui ont initié ce projet. Des vrais entrepreneurs qui risquent leur réputation et qui, bénévolement, investissent de leur temps pour faire avancer ce projet.
Ceci étant dit. Comment Régis Labeaume positionne-t-il ce projet sur son échiquier ? Et est-ce qu’on aura notre mot à dire un jour ?
Dans le sport, cette expression dicte au joueur de prendre une pause pour se reposer et permettre à certains d’entres eux de réfléchir. Donc réfléchissons.
On sait qu’une simple hausse de taxes, dans le cadre des opérations normales d’une Ville est susceptible de faire enrager bien des contribuables, notamment des chefs d’entreprises.
On connait aussi les manques cruciaux de main-d'œuvre spécialisée; des manques qui deviennent, un peu plus chaque jour, des impératifs importants et complexes, et qui commanderont des mobilisations considérables.
On constate enfin que l’état de nos finances publiques nous obligera à faire des choix déchirants et que nos décideurs politiques et économiques devront tôt ou tard adopter une véritable stratégie de création de richesse.
Régis Labeaume a beau promettre spectacles, party time, et fêtes en tout genre, soutenus autant par les Charest, Marois, Deltell et, plus modestement, par Josée Verner, les Olympiques, le TGV et le nouvel amphithéâtre, c’est de l’avis de plusieurs, un peu trop costaud pour cette jeune administration municipale.
Le piège qui nous guette
À mon avis, la première qualité d’un élu est celle de rassembler autour de projets collectifs, d’obtenir une vision commune de la direction à prendre et d’agir. Je ne crois pas que ce travail soit vraiment débuté ici à Québec, par cette nouvelle administration. Un jour il faudra arrêter de lancer des idées et livrer une vision claire, précise et réaliste de ce que tous ces projets présentent comme avantages et implications pour les investisseurs, i.e. nous les contribuables. Cet exercice implique une consultation des citoyens à grande échelle à partir de documents qui dépasse le niveau de « maquette promotionnelle ». Certains entrepreneurs et spécialistes que l’on retrouve dans des firmes reconnues, comme par exemple La Fondation de l’entrepreneurship, appellent ça un plan d’affaires. Mais je trouve l’expression un peu réductrice compte tenu des projets en cause.
Mais ne vous méprenez pas, comme plusieurs, je suis le premier à apprécier la fougue et le dynamisme de Labeaume, et le momentum que ça peut générer dans la région. Par contre, je suis agacé par certains traits de caractère. À titre d’exemple, il y a quelques jours, j’écoutais Régis Labeaume être interviewé à la radio, et à certaines des questions qui lui étaient posées, j’étais encore une fois tellement déçu de l’entendre conclure ses réponses en disant : « À Québec, cé moé l’maire, cé moé qui décide ! ». À mon avis, il s’agit d’une grave erreur, et avec cette attitude, les conflits ne peuvent que se multiplier.
Les chefs d’entreprises passent leur vie à faire des projets et à calculer. Quand ils regardent tout ce qui est sur la planche à dessin de Régis Labeaume actuellement, ils sont séduits mais, triste sourire en coin, ils se demandent bien comment 1 % de la valeur de ces projets pourront réalistement être financés dans un contexte de finances publiques (locales, provinciales ou fédérales) qui s’aggrave sans cesse.
Le momentum est bon ! Il faut s’organiser pour que ça dure !!
Manque-t-on de leadership au Québec ?
= Événement Chefs d'entreprise
Pierre Drapeau
Avons-nous trop de gestionnaires publics ?
Pendant qu’un été chaud et une nature luxuriante voudraient nous faire oublier nos problèmes politiques, certaines régions du Québec se vident de leurs ressources humaines comme à La Pocatière, où des travailleurs attendent...