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Juillet, le mois des partys : y'a-t-il de quoi fêter ?

Pierre Drapeau

Par Pierre Drapeau

Le mois de juillet, c’est le mois des partys, des petits comme des gros, autour d’un barbecue ou d’un feu de camp pour les plus modestes, dans les capitales pour les très gros. Il y a eu le 24 juin, le 1 juillet pour la Confédération, puis la Ville de Québec le 3, le 4, la fête des américains et finalement, le 14 juillet ce sera au tour des cousins français de célébrer. Mais les anniversaires cela devrait, en principe du moins, être l’occasion de se rappeler, ne serais-ce que pour voir venir ce qui nous attend. Bref y a-t-il tant à célébrer ?

Faudra se rappeler
Au Québec, on a chanté, dansé et fêté fort, que voulez-vous on a cela dans le sang. Mais faudra se rappeler que des insinuations de corruptions sont lancées presque quotidiennement, et ce, depuis des mois à l’égard du monde municipal et du monde politique en général. Pour le monde de la construction la situation est semblable, sinon pire et que le coût de construction des infrastructures au Québec est 35 % plus élevé qu’ailleurs au Canada.

Hormis une commission d’enquête sur la nomination des juges qui, jusqu’à présent, n’a fait que cafouiller, le Gouvernement se refuse de faire la lumière la dessus, nous entraînant collectivement dans un lent pourrissement de notre vie politique et démocratique.

Gardons-nous une petite réserve pour les bilans de fin d’année, mais faudra revenir sur la situation déplorable de l’agriculture, de notre industrie forestière, du décrochage scolaire et des listes d’attente dans les hôpitaux qui ne se sont guère améliorées depuis 10 ans. Heureusement, on nous promet la réduction du déficit pour 2013. Ne nous réjouissons pas trop vite.

À Ottawa, il faudra se rappeler que la sécurité  du G8 et du G20 auront couté 1 milliard, mille millions, et ce, pour arrêter pendant moins de 48 heures, quelques centaines d’altermondialistes et une poignée d’anarchistes, 700 en tout. Près de 1.3 million par individu, ce n’est pas peu.

Il ne faudrait pas oublier notre réputation internationale de champion pollueur, réputation qui comme nos dettes, croit sans cesse. Se rappeler également que les droits des Canadiens sont bafoués chaque jour par le gouvernement conservateur en place. Droit à l’information, mais aussi droits constitutionnels, dont ceux d’Omar Khadr, (Ce n’est pas nous que le disons, mais les tribunaux supérieurs du Canada.)

Heureusement, on nous a promis que le déficit se réglerait quasiment tout seul, c’est à espérer, car les déficits ce ne sont que des taxes et des impôts reportés ou à venir. Cela aussi, cela promet…

Le 3 juillet, on a fêté Québec, histoire de se rappeler que notre budget de festivités a été multiplié par trois depuis quelques années et qu’entre les mille et un projets que nous annonce hebdomadairement notre super Régis, les contribuables se sont offert, à 200 000$ dollars un guru de la publicité subliminale pour qu’il s’en retourne chez lui sans avoir à écrire une seule ligne.

Une situation économique mondiale inquiétante
Depuis près de trois ans, les États-Unis connaissent une stagnation économique sans précédent, la France et l’Allemagne sont endettées jusqu’au cou et empruntent pour financer les dettes de leurs voisins, l’Italie, l’Espagne, la Grèce, l’Irlande et le Portugal qui sont, tout comme l’Angleterre, endettés par-dessus la tête.

Bref, il nous faudrait peut-être penser à nous tenir près du barbecue, faire des partys plus simples et plus modestes et songer sérieusement à épargner puisque de tous nos voisins américains, asiatiques comme Européens, les Canadiens sont, par personne, parmi les plus endettés.


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